Concours

Recommander

Lundi 13 mars 2006 1 13 /03 /Mars /2006 21:06

Le 2 février, l’ambassadrice de la République Arabe de Syrie près le Saint-Siège, Mademoiselle Siba Nasser, prend congé du pape et de son travail à Rome.

Le 4 février, suite à la tragédie du naufrage du bateau égyptien Al-Salam 98 au large de la Mer Rouge, le pape envoie par l’entremise du secrétaire d’Etat Angelo Sodano au patriarche des Coptes Stephanos II Ghattas un télégramme de condoléances où Dieu est invoqué comme le Très-Haut et le Tout-Puissant – des vocables parmi les 99 noms de Dieu dans l’islam.

Ce même jour également, la Salle de Presse du Saint-Siège publie une déclaration suite à la crise dite « des caricatures ». En voici le texte :

 

« Per rispondere a varie richieste di precisazioni sulla posizione della Santa Sede di fronte a recenti rappresentazioni offensive dei sentimenti religiosi di singole persone o di intere comunità, la Sala Stampa della Santa Sede è in grado di dichiarare:

 

1. Il diritto alla libertà di pensiero e di espressione, sancito dalla Dichiarazione dei Diritti dell'Uomo, non può implicare il diritto di offendere il sentimento religioso dei credenti. Tale principio vale ovviamente in riferimento a qualsiasi religione.

2. La convivenza umana esige poi un clima di mutuo rispetto, per favorire la pace fra gli uomini e le Nazioni. Inoltre, talune forme di critica esasperata o di derisione degli altri denotano una mancanza di sensibilità umana e possono costituire in alcuni casi un'inammissibile provocazione. La lettura della storia insegna che non è con tale via che si sanano le ferite esistenti nella vita dei popoli.

3. Va però subito detto che le offese arrecate da una singola persona o da un organo di stampa non possono essere imputate alle istituzioni pubbliche del relativo Paese, le cui Autorità potranno e dovranno, eventualmente, intervenire secondo i principi della legislazione nazionale. Azioni violente di protesta sono, pertanto, parimenti deplorabili. Per reagire ad un'offesa, non si può infatti venir meno al vero spirito di ogni religione. L'intolleranza reale o verbale, da qualsiasi parte venga, come azione o come reazione, costituisce poi sempre una seria minaccia alla pace. »

 

Le 5 février, on apprend l’assassinat par un adolescent du p.Andrea Santoro, prêtre du diocèse de Rome, en poste à Trébizonde depuis cinq ans. Deux télégrammes de la part du pape parviennent, l’un, au vicaire de Rome, le cardinal Camillo Ruini, et l’autre au vicaire apostolique d’Anatolie, Luigi Padovese.

Le 9 février, la Salle de Presse du Saint-Siège confirme l’invitation par le président de la Turquie Ahmet Necdet Sezer faite au pape Benoît XVI de visiter son pays les 28-30 novembre prochains, invitation acceptée par le pape.

Le 15 février, Michael Fitzgerald, archevêque titulaire de Nepte et président du Conseil Pontifical pour le dialogue interreligieux, est nommé nonce apostolique en Egypte et délégué auprès de l’Organisation de la Ligue des Pays Arabes dont le siège est au Caire.

Le 16 février, le président du Conseil des Ministres du Liban, Fouad Siniora, est reçu par le pape. Une déclaration est publiée par la Salle de Presse du Saint-Siège ce même jour.

Ce même jour commence la visite ad limina des évêques du Sénégal, de Mauritanie, du Cap Vert et de la Guinée-Bissau.

Le 17 février, le cardinal Renato Martino, président du Conseil Pontifical Justice et Paix, dans le cadre de la concélébration d’ouverture des actes à La Havane du vingtième anniversaire de la Rencontre Nationale Ecclésiale Cubaine, a déclaré notamment (cf. http://www.cardinalrating.com/cardinal_61__article_3216.htm) que le Compendium de la Doctrine Sociale de l’Eglise est aussi « un formidable instrument d’ouverture et de dialogue avec les croyants des autres religions et avec tous les hommes de bonne volonté pour la réalisation du bien commun dans le champ social et politique sur la base des valeurs fondamentales partagées par toute l’humanité, valeurs de respect de la dignité de chaque personne et l’aspiration au développeemnt, à la réconciliation et à la paix de chaque peuple.

Le 20 février, le nouvel ambassadeur du Maroc près le Saint-Siège présente ses lettres de créances au pape. Il s’agit de Monsieur Ali Achour, né en 1949, et ancien ambassadeur au Brésil.

A cette occasion, le pape lui adresse un discours ou il dit notamment :

 

« Monsieur l’Ambassadeur, vous avez souligné la contribution de votre pays à la consolidation du dialogue entre les civilisations, les cultures et les religions. Pour sa part, dans le contexte international que nous connaissons actuellement, l’Église catholique demeure convaincue que, pour favoriser la paix et la compréhension entre les peuples et entre les hommes, il est nécessaire et urgent que les religions et leurs symboles soient respectés, et que les croyants ne soient pas l’objet de provocations blessant leur démarche et leurs sentiments religieux. Cependant, l’intolérance et la violence ne peuvent jamais se justifier comme des réponses aux offenses, car ce ne sont pas des réponses compatibles avec les principes sacrés de la religion; c’est pourquoi on ne peut que déplorer les actions de ceux qui profitent délibérément de l’offense causée aux sentiments religieux pour fomenter des actes violents, d’autant plus que cela se produit à des fins étrangères à la religion. Pour les croyants comme pour tous les hommes de bonne volonté, la seule voie qui peut conduire à la paix et à la fraternité est celle du respect des convictions et des pratiques religieuses d’autrui, afin que, de manière réciproque dans toutes les sociétés, soit réellement assuré pour chacun l’exercice de la religion librement choisie. »

 

Le 20 février également, le pape reçoit l’épiscopat du Sénégal, de la Mauritanie, du Cap-Vert et de la Guinée Bissau.

A leur égard, il les encourage ainsi :

 

« Monsieur l’Ambassadeur, vous avez souligné la contribution de votre pays à la consolidation du dialogue entre les civilisations, les cultures et les religions. Pour sa part, dans le contexte international que nous connaissons actuellement, l’Église catholique demeure convaincue que, pour favoriser la paix et la compréhension entre les peuples et entre les hommes, il est nécessaire et urgent que les religions et leurs symboles soient respectés, et que les croyants ne soient pas l’objet de provocations blessant leur démarche et leurs sentiments religieux. Cependant, l’intolérance et la violence ne peuvent jamais se justifier comme des réponses aux offenses, car ce ne sont pas des réponses compatibles avec les principes sacrés de la religion; c’est pourquoi on ne peut que déplorer les actions de ceux qui profitent délibérément de l’offense causée aux sentiments religieux pour fomenter des actes violents, d’autant plus que cela se produit à des fins étrangères à la religion. Pour les croyants comme pour tous les hommes de bonne volonté, la seule voie qui peut conduire à la paix et à la fraternité est celle du respect des convictions et des pratiques religieuses d’autrui, afin que, de manière réciproque dans toutes les sociétés, soit réellement assuré pour chacun l’exercice de la religion librement choisie. »

 

Toujours le 20 février, en audience, le pape reçoit les membres de la Fondation Jean-Paul II pour le Sahel. Il reconnaît notamment dans sa courte allocution, que leur travail de développement social « un service de l’homme tout entier et qui contribue aussi au dialogue interreligieux et à la révélation de l’amour de Dieu aux habitants de cette terre. Elle fait donc partie intégrante de l’action d’évangélisation. »

Et le 21 février, à l’occasion des émeutes au nord du Nigéria entre musulmans et chrétiens à la suite de la polémique sur les caricatures, le pape par l’entremise du Secrétaire d’Etat Angelo Sodano, envoie un message de condoléances pour les victimes et de dénonciation de cette violence injustifiable.

Le 22 février, le pape annonce la tenue d’un consistoire ordinaire le 24 mars suivant pour la création de 15 cardinaux. Parmi eux, l’archevêque émérite de Tamale, Peter Poreku Dery, est choisi malgré son âge avancé. Ancien évêque de Tamale, il a œuvré au dialogue entre islam et christianisme dans son pays qui compte 16% de musulman principalement au nord.

Le 23 février commence la visite ad limina des évêques de Bosnie-Hercégovine. Avec 40% de musulmans, ce pays européen est un partenaire dans le dialogue islamo-chrétien en Europe.

Le 24 février, c’est le président de l’Albanie, Alfred Moisiu, qui est reçu en audience. Pour mémoire, on se souvient que le premier ministre, Sali Berisha, avait été reçu par le pape le 10 novembre 2005.

Ce même jour, le pape reçoit l’ensemble des évêques de Bosnie-Hercégovine en conclusion de leur visite ad limina.

Le 25 février, pour la Gambie (90% de musulmans) est nommé un nouvel évêque en la personne du secrétaire général des Spiritains, Robert P.Ellison.

Né le 12 février 1942 à Dublin, il est entré au noviciat des Spiritains après ses études secondaires. Il a étudié la philosophie en Irlande et la théologie à la Grégorienne de Rome où il a obtenu une licence en théologie dogmatique. Il a également étudié l’islamologie. Il a prononcé sa profession religieuse perpétuelle en 1968. Il a été ordonné prêtre le 6 juillet 1969. Ensuite, de 1970 à 1974, il a été missionnaire en Gambie dans la pastorale éducative et paroissiale. De 1972 à 1973, il a suivit des études au PISAI de Rome de 1974 à 1980, il est directeur du philosophat en Irlande ; de 1981 à 1984, il retourne missionner en Gambie et travaille dans la formation, le dialogue interreligieux et l’œcuménisme. De 1985 à 1991, il est nommé supérieur du district spiritain de la Gambie et de 1991 à 1993, il enseigne à l’institut Saint-Anselm de Kent en Angleterre. De 1993 à 1999, il est directeur de l’Institut pastoral The Gambia à Banjul. Depuis 1999, il était secrétaire général de la Congrégation des Spiritains.

Le même jour, le nonce en Jordanie et Iraq, Fernando Filoni, est nommé nonce aux Philippines.

Un article dans Le Monde du 24 février titre : Le Vatican durcit le ton vis-à-vis de l'islam.

Voici le texte :
 

On a un peu trop vite crié à l'alliance des religions offensées dans l'affaire des caricatures de Mahomet. Un changement de discours se fait entendre dans les Eglises, notamment au Vatican, dans le sens d'une plus grande fermeté à l'égard de l'islam. Les manifestations musulmanes ont été jugées excessives. Le meurtre de deux prêtres en Turquie et au Nigeria a suscité beaucoup d'indignation. Les attaques répétées contre des églises (en Turquie et aux Philippines) et le tour dramatique qu'ont pris, au Nigeria, les émeutes entre chrétiens et musulmans (80 morts), ont fait monter la tension.

Une conception, longtemps jugée naïve, d'un "dialogue" à égalité entre chrétiens et musulmans est en train de faire son temps. Depuis le début de la crise, nombre de responsables chrétiens ne craignent plus de rappeler que la liberté de religion n'existe pas dans les pays musulmans, que le droit de conversion y est interdit, que les chrétiens arabes y sont souvent mal traités. Ils exigent, sur un ton de plus en plus impatient, la "réciprocité" du droit au respect des croyances.

Le pape lui-même a récemment repris ce thème de la réciprocité. En recevant, lundi 20 février, Ali Achour, nouvel ambassadeur du Maroc près le Saint-Siège, il a affirméque "l'intolérance et la violence ne peuvent jamais se justifier comme des réponses aux offenses" et que la seule bonne réponse est le "respect des convictions et des pratiques religieuses d'autrui, afin que, de manière réciproque, soit assuré pour chacun l'exercice de la religion librement choisie". Dans le même sens, son secrétaire d'Etat, le cardinal Angelo Sodano a déclaré : "Si nous disons aux nôtres (les chrétiens) qu'il n'y a pas de liberté d'offenser, nous devons dire aux autres qu'il n'y a pas de liberté de nous détruire."

 

"NEUTRALITÉ MYOPE"

Même ton indigné chez Mgr Rino Fisichella, recteur de l'Université pontificale du Latran. Dans le Corriere della Sera du 20 février, il a dénoncé la "neutralité myope" de l'Occident devant les violences des derniers jours. "De même qu'en Europe, nous protégeons les minorités musulmanes, a-t-il déclaré, de même les pays à majorité musulmane ont le devoir de protéger les minorités chrétiennes." Dans La Stampa du 22 février, c'est un autre proche du pape, Mgr Velasio de Paolis, secrétaire du Tribunal de la signature apostolique, qui a reproché à l'Occident ses peurs face à l'islam : "Si respecter l'autre signifie renoncer à être soi-même, cela n'a plus de sens de dialoguer. Le problème est que l'islam est fermé au point de ne pas admettre la réciprocité. En terre d'islam, dès que l'Eglise se présente dans son authenticité, elle est accusée de prosélytisme."

Joignant le geste à ces paroles, le pape a muté, jeudi 16 février, un responsable de la Curie, vieux routier du dialogue avec l'islam. Mgr Michaël Fitzgerald, un Britannique de 69 ans, père blanc arabophone, président du Conseil pontifical pour les relations avec les religions non chrétiennes, a été nommé nonce en Egypte et délégué auprès de la Ligue arabe. Depuis l'élection de Benoît XVI, c'est le premier remaniement d'importance à la Curie. La nouvelle mission de Mgr Fitzgerald est présentée comme une volonté de renforcer les relations du Vatican avec les pays arabes modérés, mais son désaccord avec l'équipe du cardinal Ratzinger, devenu Benoît XVI, était notoire.

Cette mise à l'écart montre le souhait du nouveau pape de chercher une approche moins décevante du dialogue avec l'islam. Benoît XVI a maintes fois répété qu'il resterait fidèle aux inspirations du concile Vatican II en faveur du dialogue interreligieux. Mais pas à n'importe quelle condition. Les mesures qu'il a prises contre les franciscains d'Assise, jugés trop laxistes dans leurs rencontres avec les autres religions, montre qu'un certain "esprit d'Assise" - expression née sous Jean Paul II et marquant un dialogue à égalité entre les religions - est bien mort.

 

Le 26 février, au cours de son Angélus, le pape revient sur les événements de l’Iraq et du Nigéria, déplorant la violence et les victimes.

Le 27 février, le patriarche de Jérusalem des Latins Michel Sabbah est reçu en audience par le pape.

Le 28 février, l’assentiment du Saint-Siège est donné à l’élection et au transfert de deux prélats arabes de l’Eglise grecque-melkite, réunie en synode du 6 au 11 février 2006.

L’auxiliaire du patriarcat pour Damas, Isidore Battikha, est transféré au siège métropolitain de Homs, Hama et Jabrud, en Syrie.

Un nouveau vicaire patriarcal pour Jérusalem avec rang épiscopal est nommé en la personne de l’archimandrite Georges Bakar, élu archevêque titulaire de Pelusium des Grecs-Melkites.

Le premier est né à Alep en Syrie le 28 juillet 1950. Prêtre depuis le 11 avril 1980, il est él à l’Eglise archiépicopale titulaire de Pélusium et nommé auxiliaire d’Antioche des Grecs-Melkites en tant que vicaire général de l’éparchie patriarcale de Damas, le 26 août, et consacré le 10 octobre 1992.

Le second est égyptien, né au Caire le 20 avril 1946. Il a étudié au Liban auprès de l’Institut Saint-Paul de Harissa et de l’Université du Saint-Esprit à Kaslik. Ordonné prêtre le 6 juillet 1973, il a ensuite fait une licence en théologie à Lyon. Depuis 1975, il est recteur de l’école patriarcale du Caire et à partir de 2004, il est économe général du patriarcat d’Alexandrie.
Par Thierry - Publié dans : Eglise catholique et les musulmans
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus